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ETUDE PORTANT SUR LE REDECOUPAGE DE LA CAPITALE ET SA PERIPHERIE ET SUR LE STATUT PARTICULIER DE CONAKRY

Le Comité de pilotage du Programme d’Appui Sectoriel à la Décentralisation et à la Déconcentration, s’est réuni le  06 avril 2017, dans la salle de réunion du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, pour valider l’étude portant sur le redécoupage de la capitale et sa périphérie  et sur le statut particulier de Conakry.

Cette étude avait pour objectif général la redéfinition du territoire de la ville de Conakry et ses excroissances, en prenant en compte son évolution, notamment démographique et géographique et la révisiondu  statut particulier de la capitale.

 Les objectifs spécifiques en découlant étaient :

  • identifier les nouvelles limites administratives de la ville de Conakry, dans un souci de cohérence et d’équilibre du territoire couvert et définir le nouveau statut institutionnel de Conakry ;
  • faire l’état des lieux des communes, quartiers, districts et secteurs sur le plan des moyens humains, techniques et financiers dont disposent les communes existantes ;
  • proposer un nouveau découpage équilibré des communes de la ville de Conakry ;
  • définir les nouvelles compétences des instances décentralisées ainsi que leurs besoins financiers, humains et techniques ;
  • élaborer des mécanismes de financement autonomes et de gestion transparente, sur la base des services publics rendus ;
  • permettre la révision des textes qui régissent les missions et l’organisation administrative, politique et institutionnelle du Gouvernorat ;
  • élaborer, en lien avec l’étude Grand Conakry, Vision 2040, un Programme de Développement Territorial à l’échelle de la nouvelle agglomération et qui pourra favoriser la continuité urbaine de ce futur territoire constitué par les localités intégrées de Coyah, de Dubréka et des Iles de Loos ;

L’étude esquisse une série de scénarii, prenant pour hypothèse démographique le doublement de la population à l’horizon 2040, avec 5 à 6 millions d’habitants. Ces scénarii visent à prévenir les catastrophes prévisibles de la tendance actuelle sur les plans écologique, social, économique et urbanistique.
Ce scénario de développement s’articule autour de trois échelles d’intervention :

  • L’échelle métropolitaine : développer et renforcer des polarités urbaines relais

La nécessaire maîtrise des flux de population en direction de Conakry doit d’abord venir du renforcement de l’attractivité des villes secondaires voisines. Il s’agit de construire une région métropolitaine forte, fondée sur la solidarité territoriale, à travers la constitution d’un réseau de polarités secondaires, existantes ou à créer, prenant chacune une part active à la structuration et au développement de la métropole. A travers la constitution de ce réseau de polarités, il s’agit également de mettre en valeur des complémentarités entre les zones urbanisées et les espaces naturels et agricoles, pour préserver les grands équilibres environnementaux et valoriser la force productive du territoire.

  • L’échelle de l’agglomération : canaliser, maîtriser et structurer les extensions urbaines

Depuis l’indépendance, l’extension urbaine s’opère à un rythme effréné et se propage aujourd’hui bien au-delà des seules limites de la péninsule en menaçant gravement l’intégrité des espaces naturels fragiles qui l’entourent. Ces extensions spontanées génèrent des ensembles urbains déstructurés, sous-équipés, voués à connaître les mêmes dysfonctionnements que ceux actuellement à l’œuvre sur la péninsule. Il est ainsi urgent d’endiguer ce processus et d’agir sur ces "coups partis", pour construire une agglomération consolidée, aux limites et à la structure clarifiées, et protégeant les espaces naturels (cordon littoral, mangroves, reliefs, terres agricoles) en fixant des coupures de respiration à l’urbanisation.

  • L’échelle de la péninsule : reconstruire la ville sur la ville

Le territoire de la péninsule est aujourd’hui un territoire à la fois densément peuplé et mal exploité, où la sécurité et les conditions de vie des Conakrykas se dégradent de manière exponentielle et qui ne permet pas l’accueil de populations nouvelles. Il s’agit de construire une capitale dense, efficiente, saine et sûre, où la ville se reconstruit et se réinvente sur elle-même en optimisant l’utilisation du sol par la densification et la verticalisation raisonnée de son bâti, en protégeant et en restaurant ses équilibres naturels, ses vallons et son littoral, et en restructurant son organisation et ses quartiers pour offrir à tous un cadre de vie agréable et durable. 
Enfin, l’étude a proposé deux scenarii pour le futur développement institutionnel de la capitale, notamment :
Le scénario « A », avec une entité intercommunale et des communes de plein exercice
L’avantage d’une telle solution, c’est qu’elle privilégie la facilité de mise en œuvre par rapport aux dispositions du nouveau Code des collectivités locales ; les ajustements institutionnels sont donc de faible ampleur même s’ils obligent à une révision/adaptation du cadre législatif et règlementaire.
En effet, les seules problématiques à résoudre sont (elles ne sont pas forcément les plus simples…) :

  • la délimitation de « l’agglomération de Conakry » et le nombre de communes qui se regroupent en une intercommunalité opérationnelle pour gérer les grandes compétences locales ;
  • la forme et les compétences de l’entité intercommunale à mettre en place ;
  • le rôle et les conditions d’intervention de l’Etat dans le dispositif institutionnel (voir chapitre « La place de l’Etat dans le dispositif institutionnel » plus haut).

Le scénario « B », avec une commune centrale et des communes d’arrondissements
Ce scénario est calqué sur un système qui existe dans de grandes métropoles-capitales dont l’exemple générique est sans conteste celui de la Ville de Paris mais qui a également été adapté dans quelques capitales ou grandes villes africaines, comme Cotonou ou Dakar, par exemple.
Il consiste, après avoir délimité le territoire urbain de la « Ville de Conakry », capitale de la République de Guinée, de l’ériger en « Mairie principale » dotée de toutes les compétences communales prévues par le Code des collectivités locales en ses articles 4 et 28 et d’opérer une subdivision territoriale en « communes d’arrondissements » qui ne disposent pas de l’autonomie juridique et financière et sont chargées, sous le contrôle de la mairie centrale, des compétences de services de proximité.
Le budget de ces entités est constitué d’une partie du budget général de la Ville, décidée par le Conseil de la commune de plein exercice et ordonnancé par le maire central. Il s’agit, en réalité et par rapport à la situation actuelle, d’une fusion des communes existantes pour former la « Ville de Conakry » et d’une organisation territorialement déconcentrée de cette dernière de façon à assurer une certaine proximité de ses actions en direction des populations.

Les arrondissements n’ont aucun pouvoir d’initiative et servent davantage de relais entre la population et la mairie centrale ; ils n’assument aucune compétence propre et agissent par délégation de la mairie centrale.

 

 

 
     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
 
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